Acceuil Mots clés Article taguer avec "Visa"
Tag:

Visa

Jour 226 – Certainement la plus grande déception du voyage

       Retour à l’ambassade après 6 jours d’attente.

       On m’annonce que je n’ai pas le visa Chinois. Des explications ? Une raison ? Non. Aucune possibilité d’avoir des informations. Un couple suisses avait également fait la demande avec un de leur ami. Même voyage , même dossier, même nationalité… tout à l’identique. L’un l’a eu, le couple non, sans donner de raison non plus. Nous entamons donc un essai pour voir la personne qui gère les refus et accords. Il s’agirait de la supérieure de la personne de l’accueil. Mais après nous avoir mené en bateau durant 1 heure on comprend qu’elle n’ira (ou qu’elle n’a pas le droit) d’appeler sa supérieure. Je ne pouvais pas abandonner. J’ai refait un dossier demandant moins de jours. J’y retourne le lendemain à 5 heures et là je vois deux fois plus de monde que le dernier coup. Après 6 heures debout dans une file d’attente un peu trop serré à mon gout on annonce à nouveau la fermeture, il était 11 heure. La maintenant j’abandonne. Car en plus du faible taux de chance qu’ils acceptent un second dossier, il aurait fallu que je vienne à 2 heures du matin, que j’attende donc 7 heures et si jamais ils acceptaient de prendre mon dossier j’allais devoir attendre à nouveau 6 jours, la fin du visa au Vietnam s’approchant je n’aurai donc pas pu profiter du nord du pays. 

      J’ai cru comprendre que les vacances en Chine s’approchaient et que c’était la raison de cette foule à l’ambassade. Il y a également beaucoup de choses étranges. Des français à vélo sont passés il y a deux mois et des visas de plus de 30 jours ont été accepté très facilement avec le même dossier que j’ai fourni. Lorsque je me suis présenté elle m’a dit qu’il ne délivrait pas de visa de plus de 30 jours. Je pense tout simplement qu’étant donné le fait que la saison touristique en Chine débute en ce moment, ils limitent les entrées. Le jour du dépôt de mon dossier il y a aussi une chose étrange. Papier rose pour certain et papier blanc pour d’autre, papier rose tu vas payer et tu reviens dans 6 jours ( tu as presque assurément ton visa a ton retour), papier blanc tu ne vas pas payer et tu reviens dans 6 jours et peut être ensuite tu payes. Et une fois de plus, ca se fait de manière aléatoire car à l’accueil elle jète seulement un coup d’œil si tout est rempli.

       Ils ont réussi à m’enlever l’envie de passer par la Chine. Une prochaine fois.

       Je prendrai donc l’avion pour Almaty au Kazakhstan le 12 avril.

      J’ai une dizaine de jours avant que mon visa se termine et je ne compte pas finir mon séjour au Vietnam sur cela. Je vais donc visiter le nord du pays, réputé pour être très montagneux, afin de découvrir dans les petits villages, la culture vietnamienne mais aussi admirer la splendeur de ses rizières étagées qui envahissent la montagne.

       Me revoilà sur le vélo, un petit passage à l’aéroport pour confirmer les tarifs pour mon vélo. D’ailleurs ca me fera toujours rire de convaincre la sécurité à l’aéroport pour leur dire que je ne laisse pas mon vélo sur le parking mais que je voyage avec et qu’il faut que je rentre dans l’aéroport avec pour le mettre dans l’avion. Bon cette fois c’était juste pour ne pas le laisser dehors mais le jour du vol ils vont encore me faire le coup.

         Les jours défilent à nouveau à grande vitesse je suis à nouveau admiratif face aux paysages si particuliers et ces gens a la culture si différente. D’ailleurs je ne vais pas publier les photos des chiens cuits en entier ou découpés en morceaux sur les étale, en privée si vous êtes curieux de voir cela. Manger du chien n’est pas interdit au Vietnam, ce serait même une viande assez chère.

       

        Quoi qu’il en soit, un nouvel après midi sombre que je n’oublierais pas de si tôt. J’étais donc dans les montagnes et je me suis engagé sur une route afin de rejoindre le village de Bac Ha réputé pour son marché le dimanche matin. Ca tombe bien nous somme samedi midi et j’ai une demi journée si tout ce passe bien. Je savais que j’avais un col à passer.

       Ça monte donc progressivement sur une petite route sympa, dans une vallée entre les montagnes. Sympa jusqu’à ce que les pourcentages soit de plus en plus importants. Cette route deviendra progressivement chemin, puis le chemin deviendra un enfer à vélo. Durant 20 km je ne pouvais plus pédaler, le sol glissait sous mes roues et les roches qui sortent du sol sont beaucoup trop chaotiques pour un vélo de 50 kilos. Parfois de la boue, parfois des rivières à traverser. De plus, le temps n’était pas avec moi, un ciel gris et du brouillard font tomber une humidité. Plus je montais, plus j’atteignais la brume des nuages et plus l’heure tournait. Je n’avais plus que de l’eau de la montagne à filtrer et à boire. Niveau nourriture je pouvais manger le soir mais pas du luxe. La chose que je ne voulais pas c’était poser la tente à cette altitude dans une brume épaisse et sur un sol détrempé. Je traverse des torrents, rencontre quelques bœufs, quelques cochons, quelques locaux de la montagne. Après cette longue ascension, la plupart du temps seul, j’arrive enfin au sommet.

     « Enfin » n’était pas le mot. Derrière ce flan, une descente bien pire que ce que je venais de vivre. Je ne pouvais plus faire demi tour, j’avais un détour de 2 ou 3 jours de vélo en plus. Devant moi une descente complètement dingue où il était impossible de monter sur le vélo . Le sol boueux glissait sous les roues puis sous mes pieds. Je descendais donc à pieds à nouveaux mais des crevasses de parfois 1 mètre au milieu du chemin. Mon vélo me retenait et se retenait grâce au frein mais au bout de 200 mètres les freins de mon vélo ne répondaient plus … je les ai complètement fini sur le début de cette descente. Et là un gros problème s’engage. Et la, on inverse les rôles de qui retient qui. Le vélo n’avait qu’une seule et unique idée en « scelle »… c’était dévaler la pente à toute vitesse. Prenez un vélo, faites en sorte qu’il pèse environ 50 kilos, mettes vous dans une descente de plus de 10%, n’utilisez pas les freins et essayez de descendre… Je le retenais à bout de force. Parfois je devais finir les envies d’accélération dans les butes de terre, dans les arbres ou sur le sol. Le vélo et moi-même passions un très mauvais moment. La seule chose à faire était de ne pas lâcher le vélo au risque qu’il se casse et moi aussi. Je tente de retendre les freins mais rien n’y fait. Complètement usés. Après 2 km à retenir le vélo , glisser , tomber… me voilà face à 2 maisons, puis une route puis quelques kilomètres plus loin un village. Un soulagement.

       Je ne sais pas si c’est possible de se rendre compte, c’est pas juste cette descente dangereuse sans frein, c’est le contexte encore une fois. Être au milieu des montagnes, au Vietnam, avec aucun contact possible par téléphone (pas de réseau), ne pas vraiment savoir si le prochain village se situe a 80 km ou a 5 km, d’avoir la fatigue d’une journée de vélo et de poussage de vélo. Être dans un lieu humide et sans endroit plat, une petite pression de la nuit qui s’approche, de devoir seulement boire de l’eau de rivière.  Quand je vois que j’avais déjà vécu ce moment en Arménie et Europe… je me dis qu’en faite ce n’était rien par rapport a cela. Les sensations étaient pourtant identiques.

Et peut être je vivrai pire dans les mois à venir. Je ne sais pas. On ne s’en rend pas compte et on continue car le choix n’y est plus. La peur ne vient pas, on s’arrête, on regarde autour, on respire, on boit et on continue.

Je continue à toucher des cordes de sensation et d’émotion.

Je ne suis pas en vacances, je voyage !

3 avril 2018 2 Commentaires
12 Facebook Twitter Google + Pinterest