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Jour 213 – Mission visa Chinois à Hanoï

       Après Luang Prabang j’ai donc repris une belle route de montagne pour rejoindre Vientiane afin d’acheter une tente de secours. Ce fut un changement d’itinéraire de dernière minute (détail dans l’article sur le bilan matériel). J’ai donc trouvé une tente à 10 euros dans le seul magasin de sport du pays. Je repars donc avec ma tente couleur militaire faite sur mesure pour les asiatiques. Niveau longueur une fois allongé, la tête et les pieds touchent les paroies mais je suis à l’abris des insectes, et c’est le principal. Après réflexion et petits essayages, j’ai réussi à réparer ma tente avec cette fameuse tente. Miraculeusement les barres étaient du même diamètre que la mienne mais pas de la même longueur. Grâce à un peu de scotch et après 30 min, ma tente était de nouveau debout pour de nouvelles aventures.

      J’ai donc terminé le Laos tranquillement sur des routes agréables avec des reliefs que les cyclistes aiment franchir. Des petites routes lisses à virages avec de beaux paysages montagneux. J’avais donc vu qu’il était possible de faire un visa électronique pour le Vietnam, pour 2 fois moins cher et plus rapide qu’une demande à l’ambassade. Mais j’ai trouvé trés peu d’avis là dessus sur internet. Je suis parti sur l’idée que si ils l’ont mis en place c’est que ça fonctionne. Et effectivement, mis à part le fait que les douaniers ne sont pas du tout organisés pour le passage à vélo à la frontière, j’ai eu mon tampon sur le passeport en seulement 5 min. Et comme d’habitude, les douaniers me font passer devant toutes les voitures pour franchir la frontière. Je ne trouve pas encore la raison pour laquelle ils font passer les cyclotouristes devant tout le monde aux frontières. Pour une histoire d’organisation, le douanier extérieur me disait de passer par l’intérieur et celui de l’intérieur par l’extérieur. Ça c’est fini en passage extérieur, caché par un bus, sans regarder derrière … C’était parti pour le Vietnam.

      J’étais dans les montagnes au Laos et le centre du Vietnam est extrêmement plat, donc longue descente pour commencer . Les 100 derniers kilomètres du Laos et les 100 premiers kilomètres du Vietnam sont totalement différents. La première impression au Vietnam: beaucoup de monde ! Des villes qui reprennent un rythme accéléré. Je redécouvrais les feux tricolores, les magasins, parking … c’est comme passer du moyen âge où les gens vivent de la chasse et des plantes, au 21 eme avec des magasins d’électroménager, de portables et des magasins de scooters dignes d’un concessionnaire BMW en France. Fini les enfants qui te disent «Sabaidee» avec un coucou. D’ailleurs pour en revenir sur le Laos j’étais assez peu salué par les adultes par rapport aux enfants. Les adultes c’était plus une curiosité avec un regard insistant. Maintenant au Vietnam, beaucoup moins d’enfants et j’ai des salutations venant d’adultes également. Je retombe donc dans un pays ressemblant au dynamisme thaïlandais ou malais. Niveau relief comme je le disais, très plat, et un temps humide (pas top l’humidité pour dormir). Les rizières sont à perte de vue. A cause de cette densité de population et ses sols humides, j’avais entendu dire que c’était pas toujours aisé de trouver un spot tranquille pour poser la tente. Jusqu’à aujourd’hui, ça été pour moi, mais c’est vrai qu’il faut chercher un peu et ne pas s’y prendre juste avant la tombée de la nuit.

       L’itinéraire au Vietnam serait donc de remonter au nord pour rejoindre la Chine. Passer par Hanoï pour le visa chinois puis visiter les montagnes au nord. J’avais hâte d’arriver à Hanoï pour sécher. Je suis donc actuellement à Hanoï où j’entreprends les démarches pour le visa chinois. En attendant l’obtention, qui s’estime à une semaine, j’en profite donc pour refaire des vérifications mécaniques, révisions et nettoyage du vélo. Un nettoyage de moi même, des vêtements et de mon matériel de camping également, je pense qu’après 4 douches je devrais être propre.

       Le visa chinois n’est pas chose aisée, car ils veulent savoir où est ce que je vais être, ce que je vais faire, ou est ce que je vais dormir, comment je vais rentrer et comment je vais sortir du pays. Dire que j’arrive en vélo, que je sors en vélo et que je dors dehors dans une tente n’est pas accepté en Chine. Internet est mauvais pour beaucoup de chose, mais pour des démarches administratives c’est très utile. Sur conseil de voyageur à vélo j’ai donc tout planifié pour un voyage de touriste qui va seulement dans les endroits à touristes, qui dort avec des touristes et qui mange des choses à touristes (je ferai un article pour expliquer mon avis sur le tourisme). J’ai donc fait de fausses réservations de trains, de ferry et d’hôtels. Rien ne m’étonne après tout c’est pas la première fois qu’il faut mentir et fausser les choses pour avoir un visa. Pour rentrer en Malaisie il me fallait un billet d’avion pour prouver que je ne comptais pas rester dans leur pays (faux billet). Mais bon, les chinois, ce n’est pas rare qu’ils refusent.

       Me voilà prêt, ouverture de l’ambassade chinoise pour poser le dossier entre 8h30 et 11 h. J’arrive donc à 8 h et environ une centaine de personnes était déjà là sur le bord de la route pour déposer ce fameux dossier. 3 heures plus tard, la moitié des gens pouvait revenir demain, il était 11 heures. Je me renseigne pour savoir à quelle heure il fallait venir … 4-5h du matin. J’ai quand même demandé de répéter 3 fois, j’avais des doutes sur mes connaissances des chiffres en anglais . 4-5 heures du matin . J’avais bien compris.

       Arrivé à 5 heures du matin, je suis passé à 10h. Verdict le 26 à 15H. Je suis plus stressé que les résultats du bac ou du BTS. Stressé car je ne vois aucune autre alternative à part prendre un avion entre Hanoï et le Kirghizistan. (500 euros et encore un démontage du vélo et des mails pour faire passer mon vélo dans les avions).

3 avril 2018 3 Commentaires
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Jour 199 – 5 jours rythmés par une folle envie

      Je lève les doutes sur cette histoire de 800 km à scooter en 2 jours.

       J’avais une idée derrière la tête qui a pris forme tout au long de mon voyage, et qui a mûri au Laos.
Durant ce voyage, je vous l’ai déjà dit un bon nombre de fois, la générosité que j’ai pu recevoir était sans pareil. Je m’enrichis dans la tête et dans le cœur. J’ai la confiance et les encouragements de ma famille, de mes amis et de mes proches. Ils m’ont offert le luxe de partir dans de bonnes conditions et ont tout fait pour que je ne manque de rien. Et j’en profite pour les remercier une nouvelle fois.

      J’ai la chance de pouvoir voyager en pouvant me dire que si jamais j’avais n’importe quel soucis (médical, physique, familial) je serais de retour en France en maximum 10 heures, j’ai la chance de pouvoir me dire que, quelque soit le problème, je peux rentrer du jour au lendemain, mais surtout j’ai la chance de pouvoir me dire que je peux voyager durant 1 an tranquillement. (Je ne voulais pas d’un voyage où l’argent soit une question qui interfère dans mes envies quotidiennes).

      Sauf que les 3/4 des gens que j’ai pu croiser sont bien loin de pouvoir se dire cela. Le voyage, certain ne l’imagine pas, d’autre le rêve. Et pourtant ils m’offrent tout pour que je ne manque de rien. Et sans même le savoir, ils créent mon voyage. Ils m’invitent chez eux et je suis considéré comme un ami, voire même comme un membre de leur famille.

      Et moi alors dans tout ça ? Je fais quoi pour eux ? On me donne tout et je n’offre rien … Un certain malaise que j’arrive à effacer en me rappelant des gens que j’ai pu aider sur la route ; des scooters en panne où le demi litre d’essence de mon réchaud pour les aider à regagner une station les réjouis, une voiture coincée dans la neige en Géorgie que j’aiderai à decoincer, les sourires que je déclenche chez les gens, les discussions et le partage de ma culture française, mes retours de voyage via ce site web, facebook et Instagram, les photos …

      D’accord mais ce n’est que du savoir vivre et non de la générosité.

      C’est donc là, au Laos, que j’ai eu ce déclic. J’ai traversé durant 4 jours des villages reculés dans les bois, reliés par un chemin existant depuis quelques années seulement. Les réactions envers moi sont timides et curieuses car je fais parti de la rare poignée de touristes qu’ils voient passer sur leurs chemins. Parfois je m’arrête. Et puis, au bout de quelques heures, la timidité s’efface (la curiosité perdure) et je retrouve encore de la générosité en partageant leur repas et même leur maison pour dormir.

      J’ai donc fait un don pour l’école primaire de l’un de ces villages (Thalouang). C’était un village où j’avais posé la tente pour y dormir une nuit. Deux sacs remplis de règles, papiers, crayons de papier, gommes, cahiers, stylos, et ballons de foot. Croyez-moi, en France, c’est la base, mais ici, ils n’en ont que très peu, et tout est très usagé.

      Une fois arrivé à Luang Prabang, là où il y a du matériel scolaire, j’ai tout préparé pour revenir dans ce village vu 2 semaines plutôt.

      Organisation de fou par contre. Durant 3 jours ; traduction d’un texte en laotien, achat des fournitures, trouver un sac à dos, trouver un moyen de locomotion,… Et croyez moi dans un pays où ca parle trés peu anglais ca devient parfois compliqué. Du coup pas de voiture de location dans cette ville, donc scooter. Bon, c’est un scooter qui monte à 90 avec 4 vitesses. Petit bolide quand même de 100 cc qui fera l’affaire. Enfin je l’espérai. J’ai dû faire dans la totalité de ma vie, 10 km au volant d’un deux roues avec moteur. Et là, il fallait que je fasse 800 km sur des routes dégradées où on passe de route, à gravier, à terre, dont 40 km sur des chemins pour arriver au village et ça en 2 jours. C’est à dire 9 heures non-stop à l’allé et 9 heures non-stop au retour. Et en prime, tous les types d’animaux de la ferme que tu retrouves sur la route à éviter (j’ai encore l’image d’une truie et de ses 6 ou 7 cochons qui la suivent qui m’a valu un arrêt total). J’ajoute le fait que c’est de la montagne et que je n’ai pas de permis international. Pour clore le tout, je ne devais pas quitter la ville et les alentours pour la location du scooter (on dira qu’on n’avait pas la même vision des choses). Et imaginez le taux de risques que le scooter me lâche durant les 2 fois 9 heures de route à plein régime ? Il n’y a pas d’assurance sur les scooter au Laos.

      Me voilà élancé sur les routes laotiennes à toute vitesse sans bagage, rien, dans un endroit où on ne « m’attend pas », où il n’y a ni hôtel, ni rien du tout. J’étais prêt a tout. Juste deux sacs de fournitures scolaires, mon appareil photo et une envie débordante d’offrir ce dont ils ont besoin.
Tout se passera comme je l’avais écrit dans ma tête et durant 5 jours j’ai vibré, stressé, adrénaline, … Là c’est de l’aventure. Je n’avais juste pas prévu les deux coups de soleil sur une partie de mes cuisses qui n’avait pas encore vue le soleil.

      Mais bon face à cette réussite, j’ai seulement mangé et je me suis endormi paisiblement dans l’hôtel où je séjournais à Luang Prabang.

      Arrivé à Hanoï je vous fais une petite vidéo du Laos pour découvrir ce pays où la nature est reine ! Et non l’homme.

Que le voyage continu !

9, c’est le nombre de plein d’essence que j’ai fait. Avec un réservoir de 2 litres aussi, on ne va pas bien loin.
2, c’est le nombre de fois où j’ai fini de manière idiote dans le fossé.

Sur la photo ci-dessus, c’est le chef du village qui lit le texte traduit devant villageois et les enfants de l’école.

7 mars 2018 8 Commentaires
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Jour 191 – Le Laos et ses dénivelés sans limite mais surtout une surprise culturelle

      Ça y est, mon autorisation pour rester en Thaïlande se termine, il fallait donc que je rejoigne la frontière. Je n’avais pas pris de visa donc 1 mois seulement. La Thaïlande à vélo c’est plutôt une partie de plaisir. Des conditions agréables, tant au niveau température que relief. Généralement plat. Parfois certaines parties ennuyantes mais l’auto-stop durant quelques jours à dynamisé le voyage en Thaïlande.

      Je passe donc au dessus du Mékong en bus (vélo non autorisé sur le pont …), je me remets sur la voie de droite pour rouler et c’est parti pour le Laos . Quand je voyais le Laos depuis la Thaïlande je ne voyais que des montagnes. L’impression est bonne, le Laos est montagneux sur la partie nord. C’est interminable et d’une difficulté sans nom. La chaleur, les dénivelés excessifs, je fais de nombreux kilomètres en poussant le vélo, les journées sont parfois dures physiquement. Un groupe d’enfants m’a même aidé pour finir une côte en me poussant. Cela a ensuite fini en une course dans la descente. Une course scooter vs vélo. Ils ont gagné car cela m’a valu la casse de ma sacoche avant. Mais heureusement facilement réparable. Les chemins font subir beaucoup de choses au vélo.

      Ma paille filtrante a trouvé son utilité, il y a de l’eau venant d’un robinet collectif dans chaque village mais elle n’est pas potable. Les habitants font bouillir cette eau pour la boire. Ce robinet, c’est souvent la seule source d’eau du village, donc tout le monde vient y chercher son eau, c’est aussi le lieu de la douche. Ce qui me parait un peu une vie au camping est pour eux une vie quotidienne.

      Le Laos fait parti des pays les plus pauvres donc pour le coup niveau authenticité et dépaysement c’est surprenant. Les routes principales sont en très mauvais état et si on quitte la route principale ce sont des chemins chaotiques, et certains villages sont même encore inaccessibles en voiture. Les chemins sont financées par d’autres pays afin de pouvoir accéder aux villages, des financement venant de la Chine, de l’union européenne et plein d’autres associations qui viennent en aide au Laos.

      Vous avez cette image. L’image du village avec les maisons en bois et en paille, sur un sol poussiéreux, où les enfants de 3-4 ans jouent pieds nus, entourés de poules et de cochons. Cette image représente tous les villages que j’ai pu voir jusque là. J’ai commencé sur une route goudronnée, je suis maintenant sur un chemin de terre (financé par l’Europe) qui rejoind de nombreux villages au milieu des bois. Les seuls arrêts dans les villages créés une attraction autour de moi complètement dingue. Je suis un extraterrestre et chaque chose que je sors de mes sacoches fait parler.

      D’ailleurs j’ai un nouveau record. Le record du nombre de personnes autour de moi à me regarder. 53 personnes dont 2 chiens et tout ça, juste en mangeant. Il y a toujours eu une attirance des regards mais là ils ne me lâchent pas des yeux tant que je n’ai pas fermé la tente (et encore, les faisceaux lumineux qui éclairent ma tente se font toute la soirée).

     Ce qui me plait, c’est le fait que ce soit la nature qui prenne le dessus sur les villes et non l’inverse.

26 février 2018 0 Commenter
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