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Kirghizistan

Jour 294 – Des steppes Kirghizes aux montagnes Tadjik

      Il est temps pour moi d’abandonner ma covoyageuse Coline, qui a réussi à me supporter jusqu’à l’endroit de notre séparation. Ce fut des paysages grandioses. Rouler au milieu des steppes, voir tous ces chevaux en liberté, des yachts et même des chameaux. On ne s’en lasse pas. Ça n’aura pas été de tout repos car les 3/4 des routes étaient en chemin. Le coup de pédale se ressent beaucoup plus dur que d’habitude, surtout pour passer les cols à plus de 3 000 mètres. On oublie vite la difficulté lorsque l’on découvre l’immensité de la nature kirghize  derrière chaque virage. Nous avons été vraiment chanceux concernant la météo : beaucoup de soleil, le vent n’a pas dérangé.

        J’avais a peine quitté Coline, que je devais déjà repartir de Och pour continuer cette route mythique. La M41 ( Pamir highway). J’ai 20 jours pour la traverser avant que mon visa ouzbek ne démarre et d’après les cyclistes qui l’ont franchi avant moi, il faut ces 20 jours. Je n’aurai le droit à aucune casse ou inattendu. Un premier col sur asphalte à plus de 3300 m et me voilà au pied du Tadjikistan sur une plaine enneigée. ( Sari Tash).  C’est aussi là que je passerai la nuit. Situer à 3 000 mètres la température descendra à -12 degrés dans la tente. Fraîche nuit ! Mais bon le plus dur n’est pas d’y dormir. C’est surtout de sortir de son duvet le matin. Motivation maximale, j’allume le réchaud, fais fondre de la neige, du sucre, un sachet de thé, quelques gâteaux et me voila déjà beaucoup mieux.

         Le lendemain matin, je profite de cette gelée pour franchir le col (frontière Kirghiz- Tadjik), car la neige fondue, mêlée à la boue, n’est pas vraiment l’idéal pour pédaler avec un vélo de voyage. Et a deux reprises des voyageurs a moto et en camion m’ont dit que le col est difficilement franchissable et qu’il ne fallait pas que je m’y aventure. Toujours dans l’exagération les voyageurs européens motorisés.  Heureusement, tout ce passera à merveille, seuls les 5 derniers kilomètres furent plus compliqués avec l’apparition de la boue. J’en ai bloqué deux fois le vélo, elle se mettait dans les gardes boue, mais rien de bien méchant. A midi, je passais enfin la frontière tadjik, située à 4300 mètres. C’est dans ce col que j’ai le plus peiné. La première montée à cette altitude m’essouffle rapidement et mes muscles manquaient d’oxygène. Je m’arrête toutes les 10 min car je n’ai aucune force. Parfois même la tête qui tourne. Après ce col, je ne redescends plus en dessous des 4000 m durant 1 semaine. Bien heureusement, le Tadjikistan est plus chaud et moins humide à cette altitude. Les températures ne descendaient pas en dessous de -5 la nuit. Et une fois habitué à l’altitude, les autres cols se passeront beaucoup mieux. Par contre, les matins à 4 000 ce sont les 3 premiers kilomètres qui me mettent a bout de souffle à chaque fois !

       5 cols se sont enchaînés durant cette semaine dont le plus haut s’élève à 4 655 mètres. Pour se rendre compte, en France, c’est la hauteur du Mont Blanc. Tout s’est parfaitement bien passé jusqu’aux deux derniers jours cette semaines là. Un vent de face m’attendait avec impatience. Durant 2 jours je n’ai pas pu dépasser les 10 km/h sur du plat. En plus de cela, la poussière était présente au rendez vous dans cet immense plateau désertique … Certaines rafales soulevaient des nuages de gravillons et de poussière qui m’en fouettaient le visage à tel point que je devais m’arrêter et me blottir sur moi même en urgence quelques secondes le temps que cela passe. J’ai souvent vu des tourbillons de poussière dans les montagnes, mais ce jour là, c’était plus fort et encore plus impressionnant. Durant ma pause déjeuné, une tornade de poussière montant jusqu’àu ciel est passée à côté de la ville. C’était 10 min incroyables. La nature m’a rendu fou à cause de la difficulté et de sa force mais en contre parti c’était aussi impressionnant que beau.

      Rien n’était encore terminé, je devais passer un dernier col à 4 200 mètres puis redescendre dans la vallée.  Descente en altitude oui, mais descente à vélo pas tellement. Les 30 premiers km, une vraie descente franche, puis se sera une alternance de petites montées et descentes le long de la frontière afghane. Une semaine dans une vallée longeant l’Afghanistan. Une vallée sous haute sécurité militaire. Nombreuses sont les bases militaires, nombreux sont les soldats postés sur des tours de guet et marchant en groupe le long de la route. Tout au long de cette route les yeux sont attirés par le versant Afghan, si proche qu’on entend parfois les enfants jouer les vaches meuler et même échanger quelques « coucou ». Les Tadjik ne voient pas les Afghan comme des ennemis car ce sont de simples bergers qui font leur vie comme eux. Mais ils sont méfiants par rapport a la milice Afghane. C’est aussi un lieu de passage de la drogue très important. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas pu librement prendre des photos dans certains endroits.

        Quoi qu’il en soit je sortais d’une semaine de haute montagne où la nature avait pratiquement disparue. Plus je descendais dans cette vallée, plus l’herbe verte commençait à apparaître autour des rivières puis vient le tour des arbres. Vous entendez les oiseaux chanter, sentir a nouveau des odeurs d’eau et de nature. Ce furent ensuite des villages verdoyants, tels des oasis sortis des montagnes. Chaque village est implanté sur des sources naturelles et un système de drainage permet de disperser l’eau à tout le monde. Cette verdoyance, les sourire des gens, chaque personne que je croise me dit bonjour. Cette sensation m’a fait frissonner; les villages s’agrandissaient, après cette semaine passée à plus de 4 000 mètres, où la végétation était presque inexistante où les paysages portaient une dominance de gris, de noir et de marron et où les seuls sourires étaient ceux des voyageurs croisés sur la route. Ce fut incroyable de retrouver ce climat chaleureux.

      Sur cette route si reculée je ne passais malgré tout jamais une journée complète sans voir personne. C’est une destination de voyageurs à moto, en camions aménagés ou à vélo. Il y a également quelques taxis 4×4 qui roulent à vive allure et les camions. J’avais au moins 1 ou 2 voitures par heure. Cela dépendait de l’heure et de l’endroit. 

         Après mon passage au Tadjikistan j’ai ressenti tellement de choses au niveau des paysages et humainement qu’il rentre dans le groupe de pays que j’ai le plus aimé.

11 juin 2018 3 Commentaires
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Jour 271 – Le départ est lancé

      Ça y est, après avoir bataillé 1 mois pour le visa Russe, je l’ai enfin. Ce visa est particulièrement compliqué à obtenir en Asie centrale. 1 ère visite à l’ambassade, après avoir pris deux semaines pour pouvoir rassembler tous les documents nécessaires (assurance, un visa kirghize, lettre d’invitation, …), l’homme au guichet prends mes papiers d’un air dépité et fait tout pour me trouver des excuses bidons pour ne pas me donner mon visa…la photo dépasse du cadre, la durée de mon visa kirghize est de 89 jours et il fallait 91 jours. 89 jours était écris sur mes documents alors que j’avais payé 90 jours. Heureusement, un petit mail envoyé et le lendemain j’ai mon papier avec 90 jours (avouez que vous avez rien compris a cette histoire de jour). Mais en gros à l’ambassade russe l’homme m’avait clairement dit qu’il ne pouvait ( ne voulait je pense ) pas me délivrer le visa ici, qu’il fallait que je rentre en France pour le faire.

      J’avait perdu espoir et prévoyais déjà mon retour par la Turquie car je ne voulais absolument pas reprendre un avion. Mais bon j’avais mes 90 Jours de visa kirghize, ma photo était parfaitement découpée… Mes documents étaient irréprochables. J’ai donc re-tenté ma chance, sans grandes convictions mais avec l’espoir d’avoir une personne plus sympa à l’accueil. Après tout je n’avais rien à perdre. Loupé, c’était le même qui m’attendais… Il me soutenait toujours qu’il me fallait 91 jours et non 90 … mais sur les documents était écris «un visa kirghize étant valide 3 mois minimum». Il avait donc tort. Contredire un mec qui fait ce métier c’est compliqué mais de toute façon c’était soit je continuai à lui tenir tête soit j’abandonnais. Après 1 heure de négociation, a soutenir que mes papiers étaient bons et qu’il fallait que j’ai ce visa ici il m’a finalement pris mes documents et m’a demandé de payer. Une semaine d’attente et ils me donneront une réponse positive (le récupérer m’a pris 3 minute…presque trop facile après toute cette bataille !).

      Quel soulagement !

      Le lendemain le visa Ouzbek sera lui aussi collé dans mon passeport. J’ai enfin tous les visas pour rentrer en France.

      Ayant des dates d’entrée précises pour l’Ouzbékistan et la Russie, pour gagner du temps j’ai commencé à pédaler 250 km pendant l’attente du visa et j’ai fait un petit retour en arrière en auto-stop à Bichkek pour récupérer les visas. Mes dates sont vraiment touche a touche et même un peu limite niveau temps. Mon programme jusqu’en Europe est donc bien rempli et les jours me seront compté…Les 2 prochains mois vont être sportif.

      Deux mois qui s’annoncent également intenses niveau paysages. 1 mois à pédaler dans les montagnes du Pamir avec au programme de nombreux cols à plus de 4 000 mètres , une route qui se transformera en piste, le passage par l’une des routes les plus hautes du monde, de grands espaces à perte de vue et un mode de vie sous les caprices de la météo en altitude (des vents plus violent, de la neige plus froide, et des température qui passeront certainement sous le zéro). D’ailleurs j’ai fait une petite acquisition pour répondre a certaine curiosité. C’est un joli thermomètre.  

      Le second mois sera la traversée du Kazakhstan et Ouzbékistan et leurs déserts. Ça s’annonce épique ! Mais je vous prépare un petit article vous expliquant tout ça une fois terminé.

      À Hanoï au Vietnam j’ai également rencontré une Française à vélo ( Coline, cookandcycle.fr )  qui avait entendu parlé de mon parcours via d’autres cyclistes qui sont sur les routes. Elle voyage seule avec comme projet de faire des crêpes dans le monde avec les locaux qui l’accueillent. Elle montre bien que ce type de voyage est réalisable même en étant une fille seule. Pas de chance non plus, son visa Chinois lui sera également refusé, elle a donc pris l’avion pour Almaty et suite à ma longue attente à Bichkek notre planning concorde pour le Kirghizistan.

      Nous partons donc à deux pour les 800 premiers kilomètres entre Bichkek et Osh. Après ça je reprendrai la route seul.

Le top départ est lancé !

18 mai 2018 0 Commenter
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Jour 248 – Les premiers coups de pédale en Asie central

      Ça y est, le jour de quitter le Vietnam est arrivé. M’endormir avec les chants ( parfois désastreux) des gens chantant au karaoke , le bruit des klaxons incessant, les regards curieux à la vue de mon visage européen, les plats de riz, les scooters transportant des choses insolites … tout ça est terminé. On remballe tout dans les cartons et on prend la direction de l’aéroport.

      Après un vol absolument incroyable au dessus des zones désertiques de la Chine, me voilà arrivé à Almaty.

       Welcome to Kazakhstan !
Et plus précisément à Almaty, où le temps peut passer d’une pluie un jour, 30 degrés le lendemain puis la neige le surlendemain. Ma première expérience se passera dans l’aéroport. Je me suis mis dans l’ambiance assez rapidement. Arrivant à minuit, j’avais assez peu de courage pour remonter le vélo et trouver un endroit pour dormir. Je comptais bien dormir dans l’aéroport. Faisant quelques allers-retours pour trouver le meilleur emplacement pour dérouler mon lit douillet, j’attire l’attention de la police. Après 3 mois en Asie, ce policier à la carrure faisant 3 fois celle d’un asiatique me surprendra en me parlant Russe. (Ce n’est pas la plus douce des langues) Nous voyant dans l’incompréhension totale car il ne parlait pas anglais, une fille (qui m’offrira par la suite des bonbons et internet) vient faire la traduction. Le policier voulait juste savoir ce que je faisais là. Je lui dis que je viens d’arriver et que je vais passer la nuit ici. Il était d’accord mais il avait peur qu’on me vole mon vélo. Il m’invite à le laisser dans le poste de police de l’aéroport. Génial ! Ensuite il me dit que je peux dormir sur un genre de canapé qui devait faire 1 mètre 20. Bon c’est pas top donc je préfère dérouler mon lit au sol. Il revient avec un bout de papier avec écrit dessus 15 dollars. J’ai tout remballé et je lui ai clairement dit non. Je préfère dormir dans l’aéroport si c’est ça. Ok, je m’allonge sur les sièges (aussi confortable qu’un lit) boules quies, bandeau sur les yeux et la nuit pouvait commencer. On ne peut pas dire une bonne nuit, on ne peut pas dire une mauvaise nuit . On dira une nuit d’aéroport. 6h du mat’, je vais chercher mes bagages. Ça recommence, un autre policier me demande de l’argent. Un non catégorique et je m’en vais. J’apprendrai par la suite que dans ces pays d’Asie centrale, les gens les plus malhonnêtes et ceux sur qui on peut le moins compter sont les policiers. Bon pourquoi pas, ça surprend au début mais on s’y fait.

       Remontage de vélo et direction la ville d’Almaty pour une petite journée à se balader dans les rues de l’ancienne capitale kazakh. 9h, me voilà face à deux cyclo Kazakh qui me proposeront d’aller passer le week-end avec eux vers un lac à 70 km de la ville. Me voilà parti à l’opposé de ma direction mais surtout avec de locaux qui parlent anglais. L’immersion dans le pays est parfaite avec ce genre de rencontre, je fonce donc avec eux les yeux fermés. En plus de cela, ce n’était pas juste deux cyclotouristes, c’était deux personnes absolument géniales. A la suite de ce week-end je suis resté dans l’une des familles et ils ont tout fait pour que je sois au mieux. Cette famille rentre dans la poignée (grosse poignée maintenant) des rencontres incroyable de ce voyage. Après 3 jours auprès d’eux, je devais partir et c’est jamais simple surtout quand ils te disent que ca les attristes que tu partent. La route m’attendait je n’avais pas le choix.

     Là j’avais complètement changé de décor ; des lignes droites de 70km , un silence si agréable, les gens respectent excessivement le code de la route, (bon ils ont juste une énervante manière de te raser le vélo …). J’ai croisé ni scooter ni moto en 5 jours, le Vietnam étant le pays où j’ai le plus peiner à camper, là je me retrouve dans un pays où c’est le plus simple. Le pays est une air de camping géant.

     A ma gauche, les fascinantes montagnes au sommet enneigé, dépassant les 4000 mètres. A ma droite, un espace désertique et plat sans fin. Mais mon regard était bloqué sur la partie gauche de la route, car au bout de la ligne droite je tourne à gauche pour m’enfoncer dans ces imposantes montagnes (le contre fort de l’Everest ). Ces montagnes, comme je le dis si bien, c’est le Kirghizistan. Me voilà arrivé à ce fameux virage. Après une matinée avec de la pluie, du vent de face, un froid glacial, une tempête de neige et à nouveau de la pluie, j’arrive enfin dans ce nouveau pays, sur le plateau où est posée la capital ; Bishkek. Posé dans une auberge de jeunesse, je reprends des forces (je n’avais pas perdu de force mais j’en reprend quand même), et me voilà à nouveau dans les démarches psychologiquement usantes des visas. Je n’ai plus le droit d’avoir de refus. Je vais donc faire la demande pour la Russie et pour l’Ouzbékistan. Les deux derniers visas que je n’ai pas encore pour finir ce voyage. 2 semaines d’attente dans la capitale, entouré d’un paysage qui je pense fera parti des plus beaux de mon voyage. Mais ça on en parlera plus tard.

26 avril 2018 4 Commentaires
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