Acceuil Traversée de l'Afrique Quelques explications de l’Éthiopie – 29 900 KM

Quelques explications de l’Éthiopie – 29 900 KM

par JordyAdventure 5 mars 2019 0 Commenter

Que dire de l’Éthiopie … 

C’est donc en camion aménagé que je traverse le pays. C’est avec deux autres voyageurs à vélo que je ferais la première partie du voyage jusqu’à Addis Abeba. Eux, à leur arrivée sur la frontière de Moyale, se sont retrouvés au milieu d’une attaque de locaux, en colère contre le gouvernement. Personne ne les a avertis et comme ils avaient déjà passé la frontière soudanaise, il leur était impossible de retourner au Soudan. Rapidement mis dans un convoi militaire, ils sont dirigés vers l’intérieur du pays. Des personnes tuées, des villages aux maisons brûlées et pillées, une scène de guerre qui fait froid dans le dos. Ils ont rencontré des voyageurs en camion, suisses eux aussi, qui leurs prêtera ce camion pour visiter l’Éthiopie un peu plus en sécurité. Malgré tout ça, ils sont toujours sur leur garde car même le camion a reçu des impacts de pierres.

Une fois le visa en poche les propriétaires du camion sont revenus le récupérer (Anne Sophie et Fred ) à Addis Abeba où nous les attendions. C’est donc à 5 que nous traversons la partie sud du pays jusqu’au lac Turkana. Ils ont ramené de Suisse un peu de leur précieuse nourriture : après 3 mois en Afrique, le simple morceau de saucisson, la confiture maison ou même la fondue furent un moment de bonheur incroyable !

Vous m’avez posé, et je me suis posé aussi beaucoup de questions sur l’état de l’Éthiopie.

Pourquoi tant d’agressivité, pourquoi les gens réagissent-ils comme ça envers les cyclotouristes…  Ce que je vais dire n’est qu’un constat au point de vue de mon vélo, bien entendu, et je le répète, je ne généralise jamais tout un pays. J’ai rencontré des personnes géniales en Éthiopie, avec le cœur sur la main.   

Tout d’abord, ils sont très agressifs entre eux, ils se parlent sèchement et les enfants reçoivent des coups de bâton ou des cailloux pour être repoussés lorsque qu’ils s’agglutinaient autour de moi. Étrange comme éducation…

Il y a un nombre de naissances qui explose. A chaque fois que j’ai parlé du nombre de frères et sœurs que chaque enfant pouvait avoir, c’était toujours entre 6 et 10.  40% des éthiopiens ont moins de 15 ans. Ce qui fait de lui un pays avec beaucoup beaucoup d’enfants. Et lorsque les enfants sont en groupe y en a toujours un qui essaiera de dépasser les limites pour se montrer plus fort que les autres. Et le problème c’est que des groupes d’enfants en Éthiopie il y a tout le temps sur la route. 

L’éducation est bien présente mais encore beaucoup ne sont pas à l’école et le manque d’argent dans les familles incite rapidement les enfants à quitter l’école ou même à ne jamais y aller. Beaucoup de choses sont apprises à l’école : je pense à la vie en communauté, ce qui se passe réellement dans le monde, le respect des autres, le respect des règles, … 

Ensuite le tourisme. Chaque routes où le tourisme est présent sont les routes où j’ai vu le plus d’agressivité envers moi. Beaucoup de touristes veulent sauver la pauvreté en donnant de l’argent, sauver la faim en donnant à manger, et promouvoir l’éducation en offrant des stylos, … sauf qu’aujourd’hui c’est un harcèlement constant que je subis, pas une minute de tranquillité sans qu’on me réclame avec insistance de l’argent (pas 1 minute ! Et je n’exagère pas) car pour eux le blanc est forcément riche et peut donner sans compter… Donner dans la rue de cette manière n’est pas une solution.

Enfin, les éthiopiens boivent énormément d’alcool. La bière est très souvent bu à l’excès, ce qui n’aide pas à se sentir en sécurité en fin de journée. Vue la croissante population de ce pays, je ne m’attends pas à entendre des bonnes nouvelles de l’Éthiopie plus tard … de plus le gouvernement cache beaucoup de choses : parfois internet est coupé durant plusieurs mois dans tout le pays afin d’étouffer certaines informations. Beaucoup de choses sont floues à ce niveau et il y a régulièrement des attaques des locaux visant l’état. La situation du pays est instable. 

En contre partie au sud d’Addis-Abeba, pas mal d’usine se sont implantées, beaucoup de personnes y travaillent. Une classe moyenne s’est formée et les villes me paraissait beaucoup plus calmes, j’étais moins regardé et moins interpellé.

L’Éthiopie, que ce soit à vélo ou à pieds, je déconseille.

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