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Traversée de l’Afrique

Le Sahara, une région sans pitié – 27 200 KM

Tout d’abord, un joyeux noël et meilleurs vœux pour 2019 à ceux qui me suivent de loin ou de prés. 

Et un grand merci à vos petits messages d’encouragements et les nouvelles qui font plaisir à lire lors des soirées seul dans ma tente. 

Après avoir quitté la ville d’Aswan en ayant eu mon visa soudanais,  je me suis dirigé vers la frontière. La forte densité de population et l’agriculture abondante y est beaucoup moins présente. Je prends une route indirecte qui longe le Nil, rarement fréquentée par les touristes (rare pour les locaux également, une dizaine de voitures dans la journée). Je décide de choisir cette route au milieu du désert. Après quelques calculs, se seront environ 3 bonnes journées de vélo, sans point d’eau ni nourriture. Il y a cependant 2 ou 3 villages avec quelques habitants qui pourront toujours me fournir. 

La route est incroyable, certes désertique, mais elle change au fur et à mesure des kilomètres. La il y a un peu de relief autour de moi toute la journée je ne lâche pas des yeux ce qui m’entoure. Beaucoup moins ennuyant que les routes désertiques du Kazakhstan au passage. Le dernier jour (le 25 décembre) sera beaucoup moins simple. Parti le vent dans le dos, ce jour là le vent ne m’était plus favorable et la route était de plus en plus dégradée. Des fissures bombées en formes de ralentisseurs tous les 2 mètres m’empêchant de dépasser les 10 km/h.  La chaleur devenait de plus en plus insoutenable. L’après midi arrivait et il me restait encore 80 km à faire pour rejoindre une ville. Je n’avais plus qu’1 litre d’eau. Suffisant pour finir. Tout du moins, c’est ce que je croyais. (Je suis souvent optimiste dans la vie).  Malgré ma retenue à boire, l’eau a rapidement manqué. Et parce que ce n’était pas assez compliqué comme ça, la route était parfois ensevelie sous des dunes de sable.

Quand la nature reprend sa place

Pédaler était impossible et pousser le vélo n’était pas plus reposant. Mais là je n’avais pas le choix. Les pieds dans le sable et on pousse en levant le vélo pour avancer. J’aurais passé une nuit terrible si j’avais campé sans eau. J’ai arrêté les 3 voitures que j’ai croisées. Je n’ai pu avoir que 2 clémentines mais elles m’ont fait tellement de bien. Un cadeau de noël magnifique. J’ai eu d’ailleurs cette image des noëls où les gens se contenté de peu. Peu ? Ca dépend du point de vue …

On m’aurait tendu 20 euros où 2 clémentines, aucune hésitation. La saveur des clémentines furent incroyable. Désolé les 20 euros mais il me restait encore du papier toilette dans les sacoches.    

  Quand je calculais les distances et temps de vélo, je voyais bien que la nuit me prendrait avant d’arriver, mais tant pis. Et après tout, le soleil ne se couche qu’à 17h et je peux rouler la nuit. 20 km avant la ville, je tombe sur chantier, et c’est assoiffé que j’avale l’eau qu’ils me donnent. Bonne ou mauvaise eau, peu importe, j’ai si soif! Enfin! Plus qu’à rejoindre tranquillement la ville, dans le noir à présent.

Épuisé d’avoir fait 360 kilomètres en autonomie total, je vide la supérette du village et les militaires m’invitent alors à dormir dans le bâtiment où ils contrôlent la circulation. 

Les déserts n’ont aucune pitié, mieux vaut bien gérer son coup ! À vélo, cela reste encore assez simple d’avancer dans le désert ; on peut couvrir une distance assez importante dans la journée, mais si jamais le vélo venait à casser, à pieds, le dernier recours aurait été d’attendre une voiture. Dans le désert on ressent rapidement que le nombre de possibilités se restreint. La sensation de soif et de devoir continuer l’effort sur plusieurs heures pour avoir cette eau est une souffrance horrible.

Protégeons nos rivières, elles sont notre mère.

Sahara désert – Égypte

50, 40, 30, 20, 10 kilomètres, j’aperçois au loin la  frontière avec le Soudan.

7 janvier 2019 1 Commenter
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Les bords du Nil, une source de vie – 26 740 KM

L’Égypte me surprend. Incomparable avec les pays que j’ai traversé auparavant. 

Je longe le Nil sur la route d’agriculture Ouest. Tellement d’histoires autour de ce fleuve que lorsque je l’aperçois, la fascination est là. Ce n’est pas seulement un fleuve traversant l’intégralité de l’Égypte, du Sud au Nord, c’est un paradis au milieu du désert. Si on jette un œil sur la carte satellite, l’Égypte n’est qu’un désert dans lequel progresse une longue bande de verdure coupant le pays. De plus près, la végétation est digne d’une île paradisiaque ; bananiers, palmiers, papyrus, canne à sucre,… tout y est. Le sable dans l’air lors des jours de  grand vent, ou des routes parfois ensablées, me rappelle rapidement que nous ne sommes jamais loin du désert. Parfois quelques dromadaires sont dans des coins de verdure étonnant même de voir cet animal côtoyer des vaches. L’irrigation des terres pour l’agriculture se fait de manière plus ou moins large autour du Nil, en fonction du relief surtout, mais on aperçoit toujours ce désert en arrière plan. 

 

 

De Qena à Idfu, pas une minute de repos sur la route. Il y a, successivement, toujours des habitations au bord de la route. Et qui dit habitations, dit habitants et circulation. C’est très sportif, entre les gens qui traversent, les animaux, les charrettes, les tuk-tuks, les motos, les voitures … croyez moi, je n’ai pas eu une minute de répit sur cette route. Malheureusement, mais aussi heureusement, des ralentisseurs assez violents (suffisamment violent pour m’obliger à freiner à une vitesse de 10 km/h) sont présents tous les 1 à 2 km. Au début c’est pas dérangeant … après 200 km tu commences à être usé de ralentir et de te relancer toutes les 5 min. Mais ils ont leur utilité ; les automobilistes ne roulent pas à des vitesses excessives. De Idfu à Aswan, c’est déjà beaucoup plus tranquille. La route est agréable et alterne entre désert et bords de Nil verdoyant. Il y a également une autre route que j’aurais pu prendre ; celle du désert qui, comme son nom l’indique, longe le Nil dans le désert et là c’est la tranquillité assurée ! Mais je voulais découvrir un peu les égyptiens car après Aswan jusqu’au Soudan j’entre dans le désert. 

Les grandes villes un peu touristiques comme Aswan et Luxor sont comme dans le monde entier, toujours aussi peu agréables. En Égypte le niveau de « chiantitude » est pas mal. Les locaux vous sautent dessus et vous offrent tous les services payants possibles : bateau à moteur, voilier, drogue, dîners, appartement, … tous les égyptiens venus me parler avaient comme seul but  de me faire sortir le porte monnaie. Pourtant ils abordent gentiment. Avec quelques mots de Français en introduction en ajoutant mon ami dans toutes les phrases et viens t’assoir chez moi boire un thé 5 min.  Usant et décevant. Personne à rencontrer sans qu’il y ait de l’argent en jeux … Retenons quand même les magnifiques temples présent sur les bords du Nil.

 

 

Et je ne vous parle pas des prix qu’ils sont capables de doubler ou tripler lorsqu’ils vous voient arriver. Connaître au mieux la valeur des choses vous fera économiser beaucoup d’argent ici … ! D’ailleurs je m’en fait un malin plaisir de demander les prix dans les supérettes pour voir jusqu’à combien ils sont capable de me prendre pour un pigeon. Négociation pour tout et tout le temps, fatiguant à force.

La police et les militaires sont, pour le coup, ils discutent et paient le thé sans avoir une autre idée derrière la tête et ils sont sympa malgré qui m’ai suivis jusqu’à Luxor.

Après, il y à la vie en dehors de ces villes ; les sourire sont plus vrais, les paroles entendues sur le bord des routes font plaisir : « Hello », « Welcome to Egypt », « Have a nice day». Le sourire revient mais …

S’il y a un peu de monde, dont des adolescents, lors de mon passage, certains vont siffler ou raconter des choses en arabe d’une façon pas si accueillante…

Et si ce n’était que ça, ça irait ! Il y a aussi les enfants de 7 – 15 ans. Les pires de tous. S’ils sont plusieurs et qu’ils vous voient arriver de loin, c’est mauvais signe. Ils se mettent parfois au milieu de la route, essaient de vous faire peur, vous réclament « money, money », … Il y en a même qui tapent directement dans le guidon quand je passe … 

A deux reprises, à faible allure dans des petites villes, ils ont essayé de me voler des objets sur le vélo. Heureusement les adultes ne tolèrent pas ça et les engueulent quand je les surprends. Reste à savoir s’ils les engueuleraient si je n’y voyais rien … 

A Aswan, en fin de journée dans des rues calmes, c’est sur des jets de cailloux que des enfants m’ont gentiment accueillis. 

Je vais un jour en lancer un dans le Nil…

Cet accueil est dur psychologiquement mais j’essaie de m’y habituer, car l’Éthiopie s’annonce bien pire.

Je me rassure en me disant que je traverse un paysage égyptien époustouflant et que j’ai pu rencontrer des égyptiens adorables.  Lorsque que je mange dehors à chaque fois on m’a demandé si j’avais besoin d’eau ou d’autre chose, et on m’apporté même du thé. 

 

 

Il y a plus de bon que de mauvais malgré tout et s’il fallait revenir dans ce pays ce serait avec plaisir. Mais j’ai connu plus agréable pour faire du vélo.

Actuellement dans l’attente de mon visa Soudanais à Aswan

 

 

21 décembre 2018 3 Commentaires
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L’Égypte, un décor lunaire dans une ambiance militaire – 26 200 KM

Ma première journée de vélo en Égypte mérite déjà un article. Une journée sous un soleil cuisant. Je mets rarement de la crème solaire mais la … j ai pas eu le choix . Au bout de 2 heures ma peau commençait à bien rougir. 

C’est d’Hurghada que je me suis élancé ce matin. Les villes ressemblent pas mal à l’Iran dans l’architecture, l’état des routes et la façon de conduire. En direction du sud le long de la mer rouge je pars avec un vent de dos exceptionnel. Je passe des barrages de militaires à plusieurs reprises sans que l’on m’arrête. Jusqu’à où me laisseront-ils aller tranquillement … 

je prends à présent la direction plein ouest pour rejoindre le Nil sur une route dans le désert sur 170 km. 

Peu après Safaga (Mer rouge)

A travers Des montagnes et un décor lunaire j’arrive à parcourir 40 km. Devant moi des militaires qui contrôlent le passage des véhicules. Après une vérification de mes papiers ils me demandent d’attendre. Une voiture arrive et c’est la qu’ils me disent « la route est

dangereuse tu ne peux pas la faire en vélo, le pick up t’emmène 40 km plus loin jusqu’au prochain barrage militaire.» 

Un peu vague comme réponse mais bon j’avais pas le choix. Je monte dans la voiture avec un officier et un jeune militaire. Je pense que j’aurais été plus en sécurité à le faire en vélo. Je suis monté dans des voitures avec des chauffeurs dangereux . Mais alors lui ! 2 fois de suite j ai cru qu’on allait rentrer dans une autre voiture. 

J’arrive finalement vivant. Ils repartent je suis donc au barrage avec de nouveaux militaires. J’avais prévu que j allais camper autour de cet endroit. 20 min plus tard une autre voiture avec un autre officier et ses militaires arrivent . Ils me font comprendre que je peux pas dormir là . Et me disent que je peux aller dans 20 km il y aura un endroit pour dormir avec une supérette. Je pars puis au bout de 10 min La voiture qui venait d’arriver se met derrière moi et ils me disent qu’ils me suivent … J’ai le droit à une escorte. Je passe tout de suite moins inaperçu avec 4 militaires armés qui me suivent de près. 48194690_2228556140719103_6979319669861646336_n

Arrivé a un autre barrage. Un militaire me fait comprendre que je peux pas dormir là… bon les premiers n’ont pas tout dit mais bon la nuit tombe et on me fait comprendre qu’à nouveau une voiture allez venir me chercher . Même histoire 5 fois de suite… tous les 20 km on me mettait dans une nouvelle voiture jusqu’à ce qu’on atteigne la ville de Qena où il y avait des hôtels. 

Arriver dans une ville entouré de 5 militaires qui m’aident gentiment à prendre mes affaires ça passe pas inaperçu. Les regards des locaux ne sont plus les même. 

Quoi qu’il en soit tous les officiers et militaires rencontrés étaient d’une gentillesse irréprochable. A ce que je vois je rencontrerai essentiellement que des forces de l’ordre en Égypte 

Hurghada -> Qena en une journée … je n’avais pas vraiment prévu un bond de 230 km en 1 journée. Une fois arrivé à l’hôtel l’officier s’assure que je dors bien la. Il me dit clairement que si je dois sortir ce soir il sera prévenu par l’hôtelier et que le lendemain matin il me demande de l’appeler pour lui dire à quelle heure je pars. 

Je suis sous surveillance. Rien ne doit m’arriver.

15 décembre 2018 0 Commenter
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Arrivé à Charlerois (Belgique) – 26 000 KM

Voici la petite Maya qui arrive pour la première fois de sa vie en Belgique, c’est aussi le premier pays qu’elle découvre. C’est donc accompagné de cette abeille que je traverserai l’Afrique. En espérant qu’elle me fasse un peu de miel pour les tartines du matin.   

5 jours après avoir quitté mon village me voila arrivé à Charleroi en Belgique. C’est ici même que je décollerai pour l’Égypte.

Une pluie terrible, des vents violents (généralement de dos), et un froid parfois insoutenable. J’ai eu la chance d’avoir été hébergé une nuit dans une maison que les proprios laissent habituellement aux vendangeurs. J’ai eu le chauffage et un généreux chocolat chaud dans des vestiaires durant un match de foot dans la ville de Beaumont. Et j’ai pu également dormir dans les minis chalets montés à l’occasion du marché de noël de la ville de Hirson. Une nuit particulièrement courte vue la tempête qui s’abattait sur la ville durant toute la nuit.

C’est sans surprise, les chaussures pleines d’eau et avec une odeur de frite dans les rues que j’arrive chez mon hôte Warmshower. Encore la rencontre avec une famille Hongroise incroyablement gentille. C’est d’ailleurs en rencontrant leur fille de 1 an que j’ai compris que dormir dehors en décembre en tente c’était une pratique de débutant. Car nous sommes le 10 décembre et leur fille fait la sieste dehors avec des températures de 5 degrés. Quand je vois qu’en France la question qui fait peur c’est de faire dormir son bébé sur le ventre ou sur le dos ou s’il est mieux que la température de la chambre soit de 18 ou 19 degrés… Du coup après une brève recherche effectivement ce n’est pas quelque chose de nouveau ou de dangereux. C’est quelque chose de normal dans les pays scandinaves. Je me coucherai moins bête et moins frileux. 

Voici un article expliquant la pratique => ICI

Avec mon hôte nous avons rapidement trouvé un carton dans un magasin de vélo de la ville et j’en profite pour faire des photos d’identités pour les futurs visas d’Afrique. 

11 décembre 2018 0 Commenter
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En route vers l’Afrique

Plus de doute, je vais en Afrique. Billet d’avion, vaccins, assurance,… j’ai tout. Je pars donc ce mercredi 5 décembre de mon village en direction de l’aéroport Charleroi en Belgique.

Vous voyez pas le rapport entre Belgique et l’Afrique ? Moi si ! Le prix du billet d’avion. En ce mois de Décembre je prends donc la direction du nord. Vent de dos, douceur et pluie de prévue,… je ne sais pas si je dois avoir le sourire.
Le 12 décembre je décolle donc pour Hurghada en Égypte.
Le début ne s’annonce pas le plus simple. L’Égypte, suite aux nombreux attentats, protège les touristes excessivement et son armée empêche les voyageurs à vélo de s’aventurer sur certaines routes. Les sources qui me reviennent aux oreille sont aléatoires, un jour ça passe,un jour non. Donc il est compliqué de savoir quelle route j’emprunterai.

Pour ce qui est du vélo, il a eu le droit à un rafraîchissement (j’abandonne mon pneu avant à 25 000 km en France), une nouvelle tente (Ferrino Nemesi 2), un filtre à eau et un sac étanche.

Bien entendu Kiki a accepté de venir avec moi. Mais une nouvelle personne, tout droit venu du collège de Saint Valérien voyagera avec nous. Révélation dans les prochains jours.

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A bientôt sur les routes du monde !

 

Trajet vélo prévu

5 décembre 2018 0 Commenter
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